Aller au contenu principal
Toutes les ressources
Analyses chiffrées

Déserts médicaux 2026 : les 20 départements où l'accès aux médecins est le plus difficile

9 min de lecture

Identifiez les opportunites d'installation

Explorez la carte interactive Toposanté pour trouver les communes en besoin de professionnels de sante.

Ouvrir la carte

Accès gratuit sur simple email

Mayotte, la Mayenne, l'Ain, l'Eure et le Cher sont les cinq départements où la densité de médecins est la plus faible en 2026, entre 11,7 et 24,6 médecins pour 10 000 habitants contre 44,3 en France. Dans 78 départements sur 101, le nombre de médecins a reculé en cinq ans, et 25 244 communes, soit 10,8 millions d'habitants, n'ont aucun médecin sur leur territoire.

Comment ce classement est construit

Le mot « désert médical » n'a pas de définition réglementaire. Pour classer les départements, nous retenons l'indicateur le plus simple et le plus robuste : le nombre de médecins exerçant dans le département rapporté à sa population, exprimé pour 10 000 habitants. Il est complété par trois lectures qui nuancent le rang : la part de la population vivant à plus de quinze minutes d'un médecin généraliste, le solde des effectifs sur cinq ans (2020-2025) et la part des médecins de 55 ans et plus, qui annonce les départs à venir.

Une précaution de lecture : les effectifs proviennent du répertoire RPPS et couvrent tous les médecins, généralistes et spécialistes, libéraux et salariés, comptés à leur lieu d'exercice déclaré. Un département qui accueille un centre hospitalier universitaire voit sa densité gonfler par ses praticiens hospitaliers. C'est ce qui porte Paris à 137 médecins pour 10 000 habitants. Le classement des départements les moins dotés n'en souffre pas : aucun d'eux n'héberge de CHU.

Les 20 départements les moins dotés en médecins

DépartementPopulationMédecinsPour 10 000 hab.> 15 minSolde 5 ans55 ans et +
Mayotte256 51830111,748,2 %+841,9 %
Mayenne305 46864121,00,0 %−1843,1 %
Ain679 5211 49822,00,0 %−4443,1 %
Eure602 7141 35022,40,1 %−2944,6 %
Cher298 66073524,61,2 %−5056,7 %
Aube310 44781426,20,6 %+546,4 %
Eure-et-Loir433 4301 14026,30,2 %−4654,1 %
Oise829 8992 18926,40,0 %−5146,4 %
Meuse180 29047726,51,0 %−244,4 %
Guyane293 99679327,07,8 %−929,6 %
Deux-Sèvres375 9961 02827,30,1 %−2141,2 %
Haute-Saône233 47164027,40,2 %−1942,2 %
Indre216 06959427,50,1 %−1457,1 %
Sarthe569 2941 56727,50,0 %−1339,6 %
Ardennes265 90573827,80,2 %−2454,2 %
Dordogne417 6141 16427,90,3 %−3446,0 %
Nièvre201 41757028,31,7 %−858,8 %
Lot-et-Garonne333 60294828,40,3 %−4856,0 %
Aveyron279 64280128,62,8 %+445,6 %
Vendée716 1112 05128,60,7 %−2237,9 %
Densité de médecins pour 10 000 habitants, part de population à plus de 15 minutes d'un généraliste, solde d'effectif 2020-2025 et part des 55 ans et plus. France : 44,3 ; 0,5 % ; −2 529 ; 38,9 %.

Trois enseignements se dégagent. D'abord, la géographie : hors Mayotte et Guyane, les départements les moins dotés dessinent une diagonale qui va de l'Eure aux Ardennes par le Bassin parisien (Eure-et-Loir, Oise, Aube, Cher, Indre, Nièvre), puis descend vers le Sud-Ouest (Deux-Sèvres, Dordogne, Lot-et-Garonne). L'Ain, la Mayenne, la Sarthe et la Vendée complètent le tableau : des départements à la population en croissance, dont l'offre médicale n'a pas suivi.

Ensuite, la dynamique : sur ces vingt départements, dix-sept ont perdu des médecins entre 2020 et 2025. L'Oise en a perdu 51, le Cher 50, le Lot-et-Garonne 48, l'Eure-et-Loir 46, l'Ain 44. Seuls Mayotte (+8), l'Aube (+5) et l'Aveyron (+4) progressent, à partir de niveaux très bas.

Enfin, l'âge : dans la Nièvre, l'Indre, le Cher, le Lot-et-Garonne, les Ardennes et l'Eure-et-Loir, plus d'un médecin sur deux a 55 ans ou plus, contre 38,9 % en France. Ces départements cumulent une densité faible et une pyramide des âges qui promet de nouveaux départs avant 2035. C'est là que la situation se dégradera le plus vite sans installations.

Pourquoi la part de population à plus de 15 minutes reste faible

Le lecteur s'étonnera que la part de population vivant à plus de quinze minutes d'un généraliste soit presque nulle dans des départements réputés sous-dotés. La raison tient à la manière dont le temps d'accès est calculé : il vaut zéro dès qu'un médecin exerce dans la commune, et il mesure un trajet en voiture vers le cabinet le plus proche, sans tenir compte de sa charge. En métropole, le maillage des bourgs suffit à placer presque tout le monde à moins de quinze minutes d'un cabinet. L'indicateur ne devient parlant que dans les territoires d'outre-mer (48,2 % à Mayotte, 7,8 % en Guyane) et, à la marge, dans l'Aveyron (2,8 %) et la Nièvre (1,7 %).

Le désert médical métropolitain n'est donc pas d'abord une question de distance, mais de capacité : un cabinet accessible dont l'agenda est plein. Pour le mesurer, la DREES a construit l'accessibilité potentielle localisée, qui pondère l'offre par son activité et par la demande environnante. Nous en détaillons le fonctionnement et les limites dans un article dédié à l'APL.

Le contrepoint : les cinq départements les plus dotés

DépartementPopulationMédecinsPour 10 000 hab.55 ans et +
Paris2 103 77828 935137,543,1 %
Hautes-Alpes143 46788261,533,4 %
Pyrénées-Atlantiques706 5644 28660,732,5 %
Rhône1 914 45711 44759,831,4 %
Gironde1 690 57910 10859,832,5 %
Les cinq densités les plus élevées. Paris et le Rhône concentrent les praticiens hospitaliers de leurs CHU ; les Hautes-Alpes, les Pyrénées-Atlantiques et la Gironde combinent attractivité résidentielle et pôles hospitaliers.

L'écart entre les extrêmes est de un à douze entre Mayotte et Paris, de un à trois entre la Mayenne et les Hautes-Alpes. À l'échelle des régions, Centre-Val de Loire (33,4), Pays de la Loire (34,8), Normandie (37,0) et Hauts-de-France (39,7) sont les régions métropolitaines les moins dotées ; Île-de-France (56,5) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (51,0) les mieux pourvues. La région parisienne cumule pourtant, à l'échelle de ses départements de grande couronne, certaines des accessibilités les plus faibles de France : la densité régionale masque l'écart entre Paris et la Seine-et-Marne.

Le zonage ARS confirme l'étendue du problème

Les agences régionales de santé classent chaque commune selon la difficulté d'accès aux médecins généralistes. Au millésime 2024, 16 730 communes sont en zone d'intervention prioritaire (ZIP) et 13 800 en zone d'action complémentaire (ZAC), pour 3 524 communes hors zonage et 831 en zone de vigilance. Autrement dit, près de neuf communes sur dix ouvrent droit à au moins une aide conventionnelle à l'installation. Le guide zones sous-dotées détaille les contrats associés à chaque zone.

Ce que cela change pour un médecin qui s'installe

Un département faiblement doté n'est pas homogène. Dans l'Oise ou l'Eure, la commune sans médecin à cinq kilomètres d'un bourg équipé n'a pas le même potentiel que le chef-lieu de canton dont le dernier généraliste part à la retraite. Le bon niveau de décision est la commune ou l'intercommunalité, avec trois critères : le nombre de praticiens déjà présents et leur âge, la population desservie et sa croissance, le zonage et les aides qui en découlent. L'Indice d'Installation combine ces critères pour chaque commune, et les pages départementales listent les communes les mieux placées : par exemple Cher ou Oise.

Pour qui analyse une zone d'implantation, la question est inverse : documenter le manque pour appuyer une demande de classement en zone d'intervention prioritaire, monter un projet d'exercice coordonné ou recruter. Le portrait de territoire produit cette documentation en une heure, comparaison départementale comprise.

Aller plus loin

Documentez votre territoire en une heure

Le portrait de territoire compare votre périmètre au département, à la région et à la France : densité, âge des praticiens, accès, structures. Exports Excel et PDF.

Ouvrir le portrait

Articles connexes

Pret(e) a trouver votre commune ?

Explorez les donnees de 34 935 communes pour 9 professions de sante.