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Analyses chiffrées

Démographie médicale en France : chiffres clés et tendances 2026

9 min de lecture

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La démographie médicale française traverse une période de transition majeure. Vieillissement des praticiens, numerus clausus historiquement bas pendant 20 ans, explosion des besoins de santé liés au vieillissement de la population : les équilibres bougent. Toposanté suit 467 640 praticiens et établissements vétérinaires répartis dans 34 935 communes pour offrir un panorama précis de la situation en 2026.

Vue d'ensemble : 9 professions, 467 640 praticiens et établissements

Toposanté couvre les 9 principales professions de santé de premier recours. Chaque profession garde le champ de sa source : RPPS (Répertoire Partagé des Professionnels de Santé, extraction du 16/09/2026), Annuaire santé Ameli pour les sages-femmes, les orthophonistes et les pédicures-podologues, SIRENE pour les vétérinaires :

  • 62 900 médecins généralistes libéraux - présents dans 8 784 communes. Le champ médecin des cartes et de l'indice ne retient que les généralistes ayant une activité libérale (RPPS, savoir-faire SM26, SM53 et SM54), ni les spécialistes ni les seuls salariés
  • 108 919 kinésithérapeutes - tous modes d'exercice, présents dans 10 008 communes (code profession 70)
  • 103 509 infirmier(e)s libéraux (IDEL) - présents dans 11 717 communes (code profession 60)
  • 73 937 pharmaciens - tous modes d'exercice, présents dans 8 259 communes ; le répertoire FINESS recense 20 003 pharmacies d'officine
  • 50 756 chirurgiens-dentistes - tous modes d'exercice, présents dans 5 538 communes (code profession 40)
  • 24 586 orthophonistes libéraux - présents dans 5 977 communes
  • 17 101 pédicures-podologues libéraux - présents dans 5 202 communes
  • 15 957 établissements vétérinaires - source SIRENE (NAF 75.00Z), car les vétérinaires ne figurent pas dans le RPPS (registre réservé à la santé humaine)
  • 9 975 sages-femmes libérales - présentes dans 3 577 communes

Le vieillissement des praticiens : une bombe à retardement

Le vieillissement des professionnels de santé est le facteur le plus préoccupant pour la démographie médicale. Les données DREES analysées par Toposanté montrent :

  • Médecins généralistes libéraux : Toposanté n'estime pas leur part de 55 ans et plus, faute de ratio DREES publié pour ce champ précis. Les départs en retraite restent l'enjeu central de la profession, et la suppression du numerus clausus en 2020 ne produira ses effets que progressivement
  • Pharmaciens : 28,9 % ont 55 ans ou plus, la part la plus élevée des professions suivies ; les reprises d'officine sont de plus en plus difficiles en zone rurale
  • Dentistes : 26,3 % ont 55 ans ou plus, avec des disparités départementales fortes (jusqu'à 37,9 % dans le département le plus âgé)
  • Infirmier(e)s libéraux : 20,0 % ont 55 ans ou plus
  • Kinésithérapeutes : 15,1 %, une profession plus jeune en moyenne, mais certaines zones rurales concentrent des praticiens âgés
  • Pédicures-podologues, orthophonistes et sages-femmes : 12,9 %, 8,9 % et 8,9 %, les professions les plus jeunes

Ces parts sont des estimations : le ratio départemental DREES de chaque profession est appliqué aux effectifs communaux. La part des praticiens de 55 ans et plus est l'une des six dimensions pondérées de l'Indice d'Installation pour sept professions ; elle n'est pas calculée pour les médecins généralistes libéraux ni pour les vétérinaires. Les communes où la part de praticiens âgés est élevée reçoivent un sous-score plus important.

Les disparités géographiques

La répartition des professionnels de santé sur le territoire est profondément inégale. Quelques grands constats :

La fracture nord-sud

Le sud de la France (PACA, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine) bénéficie de densités médicales supérieures à la moyenne pour la plupart des professions. Le nord (Hauts-de-France, Normandie) et le centre (Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté) sont structurellement sous-dotés. Cette fracture s'explique par l'attractivité résidentielle du sud (climat, cadre de vie) et les dynamiques économiques différenciées.

La concentration urbaine

Les grandes agglomérations concentrent une part disproportionnée des praticiens. Paris intra-muros, Lyon, Marseille, Bordeaux et Toulouse affichent des densités 2 à 3 fois supérieures à la moyenne nationale pour les médecins et les dentistes. À l'inverse, les communes de moins de 5 000 habitants représentent la majorité des communes sans médecin.

Les DOM-TOM

Les territoires ultramarins font face à des difficultés spécifiques : éloignement géographique, coût de la vie élevé, manque d'attractivité pour les jeunes diplômés. La Guyane et Mayotte sont parmi les territoires les plus sous-dotés en professionnels de santé.

L'impact du numerus clausus et de la réforme des études

Le numerus clausus, en vigueur depuis 1971, a été remplacé en 2020 par le numerus apertus. Les effets :

  • Le nombre d'étudiants admis en deuxième année de médecine a augmenté significativement (+20 à 30 % selon les universités)
  • Mais le cycle de formation est long (9 à 12 ans pour un médecin) : les premiers médecins formés sous le nouveau régime ne seront en exercice qu'à partir de 2029-2032
  • D'ici là, le creux démographique va s'aggraver, créant une fenêtre d'opportunité pour les installations en zone sous-dotée

Tendances et perspectives 2026-2030

Plusieurs tendances structurantes vont marquer les prochaines années :

  • Féminisation : les femmes représentent désormais plus de 60 % des étudiants en médecine. Cela impacte les modes d'exercice (préférence pour le salariat et le temps partiel)
  • Exercice coordonné : le répertoire FINESS recense 3 112 maisons de santé et 785 communautés professionnelles territoriales de santé
  • Télémédecine : la téléconsultation, démocratisée pendant le Covid, représente désormais 5 à 8 % des consultations de médecine générale
  • Délégation de tâches : les IPA (infirmier(e)s en pratique avancée), les pharmaciens (vaccination, tests) et les kinésithérapeutes (accès direct) prennent en charge une part croissante de l'activité
  • Départs en retraite : la vague de départs va créer des opportunités d'installation dans les 5 prochaines années, avant que les effets de la suppression du numerus clausus ne se fassent sentir

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Toposanté met à disposition l'ensemble de ces données par commune, par département et par région. Utilisez :

Questions fréquentes

Combien de professionnels de santé y a-t-il en France ?

Toposanté suit 467 640 praticiens et établissements vétérinaires dans 9 professions : 108 919 kinésithérapeutes, 103 509 infirmier(e)s libéraux, 73 937 pharmaciens, 62 900 médecins généralistes libéraux, 50 756 chirurgiens-dentistes, 24 586 orthophonistes, 17 101 pédicures-podologues, 15 957 établissements vétérinaires et 9 975 sages-femmes libérales. Ces données proviennent du RPPS, de l'Annuaire santé Ameli et de SIRENE ; le champ médecin ne compte que les généralistes libéraux.

Le nombre de médecins augmente-t-il ou diminue-t-il ?

Le nombre total de médecins est stable, mais le nombre de médecins généralistes en exercice libéral diminue. Le numerus clausus, supprimé en 2020, ne produira ses effets qu'à partir de 2029-2032. D'ici là, les départs en retraite vont aggraver le déficit dans certains territoires.

Quelle profession offre le plus d'opportunités d'installation ?

Toutes les professions offrent des opportunités en zone sous-dotée. Les médecins généralistes et les chirurgiens-dentistes bénéficient des aides les plus élevées. Les kinésithérapeutes et les infirmier(e)s libéraux sont les professions les plus en croissance. Les pharmaciens offrent des opportunités de reprise d'officine en zone rurale.

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